Archive pour: BONNES ADRESSES

La table, la grande épicerie

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LA GRANDE ÉPICERIE NOUS RAVIT À SA TABLE…
Paradoxe parisien: autour du Bon Marché et de sa Grande Epicerie remplaçant tous les psys et prozacs du monde (pour moins cher??) par son envoutement gourmet, pas si simple de trouver une bonne table pour déjeuner sain, frais, vraiment bon, dans un cadre apaisant… Les mauvais cafés, cafards de Paris, continuent à faire table pleine sans peine. Alors pourquoi s’enquiquiner à faire du vrai fait-maison quand la salade en plastique et les tartares de viande caoutchouteux se vendent à prix 6eme? Un horrible café Richard au goût de cigarette froide pour faire passer le tout et hop nous voici délesté de 3/4 tickets resto, anesthésié, robotisé, incapable d’indignation.
Pour vous éviter de gober passivement du sous vide quelconque en vous demandant si vous souffrez d’agueusie – absence du sens du goût – avis aux fans inconditionnels de « l’Aile ou la Cuisse » -,  nargués par une inscription « fait maison », au passage une blague qui aurait pu être écrite par Tricatel lui-même… – une solution se trouve dans l’antre même du luxe.

Au dessus de la Grande Epicerie a ouvert, en parallèle de sa fastueuse renaissance, La Table: sous une coupole splendide, un cadre en bois clair apaisant, et un service d’un professionnalisme remarquable en ces temps de cool-attitude des bobobistros glissant la pente désinvolte , cuisine ouverte parfaitement orchestrée… Waou! On respire! On s’entend parler! On a faim! Et les prix, très raisonnables pour des plats de cette allure! Choix d’entrées avec option grande taille comme cette vraie belle salade caesar (9,50 en entrée, 16€ en plat), pavé de cabillaud poché, boulgour safrané aux coques, jus de coquillage à 19,50€, blanquette de jarret de veau, riz de Camargue à la cardamome verte (19, 50€), petits pains frais individuels de la boulangerie de la Grande Epicerie, desserts maison de haute volée : tarte au chocolat bio de Madagascar, gingembre confit, crème glacée à la vanille à 10€, thé glacé ou chocolat chaud encore maison…Comme cela fait du bien d’écrire « maison » lorsque ça a du sens! Le plus dur finalement est de ne pas se jeter en sortant sur les envoutants étalages byzantins…
Une carte courte vous permet de grignoter à toute heure quelques entrées,  plats et desserts, ou faire une pause thé et pâtisseries avant de vous refrotter à la Tentation…
La Table, juste au dessus de la Grande Ep’…Vous connaissez l’adresse… Du lundi au samedi de 10h30 à 19h30.

Coup de cœur attribué par Laure

Pirouette

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LA TABLE SALTIMBANQUE AUX MILLE TOURS

Pirouette 5 rue Mondétour, 75001 Paris. 01 40 26 47 81. Ouvert tous les jours sauf le dimanche.
Il virevolte et tourbillonne bien habilement, ce Pirouette, depuis son ouverture. La proposition paraît limpide, tellement nette qu’on cherche le dessous des tours de magie. Où est donc l’embrouille, le bémol ? Heureusement, rien ne m’oblige donc à tempérer mes élans culinaires. Libre cours à l’enthousiasme.
Pirouette, c’est une aventure humaine, comme toutes les belles histoires. Juillet 2012 : Laurent et Jean Marie Fréchet, restaurateur et oenologue, décident avec leur ami Thomas Chaput, directeur de restaurant de créer Pirouette. Le chef Tomy Gousset, passé par des restaurants prestigieux, les rejoint. Ensemble ils font le pari des Halles, pourtant en pleins travaux aussi éléphantesques que désespérants. Même si la beauté est censée être dans l’œil de celui qui regarde, parfois l’œil souffre avant que le cerveau décide de philosopher. Pirouette surgit ainsi de ce marécage comme un halo de paix, lumière et réjouissance dans ce recoin de la rue Mondétour. Baies vitrées, bois clair et un plafond haut perché : la déco vibre d’un karma positif. Ce dernier est renforcé par l’accueil : la prise en main est franche, courtoise, motivée, avec le flegme suffisant pour nous détendre sans la désinvolture irritante de nombreux lieux « fashionistos ».
pirouette2-WebLe décor planté, c’est bien. A table maintenant. Alors là ça ne rigole plus du tout. Tartare de daurade, oursin et graine de fenouil, radis rouge et oxalys, attention explosion maritime, on en clôt les yeux de remerciement. Fregola truffe noire jus de viande et comté, deuxième flash, on sauce, on en veut plus. Pas le temps d’en commander un second, arrive la noisette agneau, menthe et cebettes grillées harissa et kale. Le fameux chou star américain est ici frit et apporte un croustillant en parfaite harmonie avec la tendreté de l’agneau cuit à perfection. Relevée, subtile, la cuisine « glocale » a un avenir lorsqu’ elle est réalisée comme ça ! Les Saint Jacques main de Bouddha pamplemousse sont un peu moins « wouahou » mais belle fraicheur. On termine par le riz au lait au caramel et pralines croquantes. C’est lascif de gourmandise : on en commande deux de plus. La messe est dite. Arrosez tout cela du « Domaine du mortier », un Saint Nicolas de Bourgueil bio avec du caractère, du corps, du tonus. Si le vin est l’âme du repas, la nôtre est montée aux cieux ce soir là.
Le plus désarmant : les prix. Menu entrée du jour et plat du jour le midi pour 20 €, entrée et plat et dessert à choisir parmi toutes les propositions de la carte pour 42 €, menu dégustation en 6 plats le soir pour 62 €. Chaque mois une nouvelle carte, courte et saisonnière. 130 références de vins.

Coup de cœur attribué par Laure

Caffé Stern

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GRAVEZ-LE EN MÉMOIRE.

Caffé Stern 47 Passage des Panoramas, Paris 2eme. 01 75 43 63 10. Ouvert de 8h30 à 23 heures. Fermé dimanche et lundi.
Passage des Panoramas, « Ze  place to eat » du moment. Consacré avec le Caffé Stern. Né l’automne dernier de l’audace du chef italien star Massimiliano Alajmo (Le Calandre à Padoue, Caffè Quadri à Venise) et de David Lahrer, serial entrepreneur-restaurateur à succès (Racine, Vivant, Paradis), le Caffé Stern vous immerge hors de l’espace-temps. Ancien atelier de gravure ouvert en 1834, classé aux Monuments Historiques et laissé à l’abandon depuis 7 ans, décoré par Stark, le bolide frôle la ligne jaune foodie-arty-hype. Frôle mais ne la dépasse pas. Car la déco s’assume extravagante, et après tout nous sommes en Italie, vivons « in modo magistrale »!  Et surtout car l’assiette et l’équipe sont « Wouahou ». Oui, ici 90% de l’équipe est italienne, en salle comme en cuisine, et en ce début d’année français assommé par le choc, la canzione fait vraiment du bien.
On entre dans une curieuse atmosphère forestière, intrigante et douillette; avec un panneau de lumière en embuscade: la cuisine ouverte sur une brigade impeccable préparant avec une concentration exquise sous notre nez des petites bouchées de tartare aux deux truffes.caffe stern 3 L’appétit est immédiat, le menu ouvert, les babines léchées. Le foie de veau à la vénitienne a une texture et un parfum qui rendent le plat ridiculement petit. J’en aurais mangé un deuxième en dessert. La « pizza » à la vapeur, les tagliolini fruits de mer-pistache  et le splendide risotto aux cèpes, aux pignons de pin et à la truffe blanche sont les plats signatures qui semblent à se damner… Le ristretto torréfié à Verone? J’assume cette déclaration: le meilleur de Paris. Le Caffé Stern ouvre toute la journée pour bien d’autres cafés à la fantaisie italienne si enchanteresse, servis sur d’épais rondins en bois avec des desserts faustiens…comme le cappuccino d’orge torréfiée à l’anis étoilé et croissant à la crème de noisette. Trop court, ce déjeuner, beaucoup trop court. La table à choisir ? Si vous êtes deux, celle « du chef », assurément. Oui, celle qui vous donne l’impression d’avoir le Chef et sa brigade entièrement dédiés à vos délicates papilles.
Les prix ? Grand écart entre le ristretto au comptoir à 1,50€ et  l’entrée truffée à 48€: un majestueux « caffé » laissant aux désargenté(e)s des fêtes et soldes de janvier une ribambelle de choix malins à toute heure. Ce serait un pêché  de passer à côté…

Coup de cœur attribué par Laure