Oracles du design

Fauteuil Quilt, 2009 ©Ronan et Erwan Bouroullec - CNAP. Photo Yves Chenot

Fauteuil Quilt, 2009 ©Ronan et Erwan Bouroullec – CNAP. Photo Yves Chenot

 

 

 

 

 

 

 

LUDIQUE, MALIN, LE DESIGN CONTEMPORAIN DE A À Z.
Quand : jusqu’au 16 août 2015.
Où : la Gaîté lyrique

Après avoir exploré la culture skate, les monstres de mode ou encore la recherche du bonheur, la Gaîté lyrique se propose de faire parler les objets de design les plus significatifs des trente dernières années. Pour ça, elle est allée fouiller dans la section dédiée du Centre national des arts plastiques (CNAP) – comprenez : l’une des plus importantes collections d’Europe en la matière.
Au programme donc, un cours de rattrapage sur le design contemporain, de ses plus grands noms (Philippe Starck, Ettore Sottsass) aux plus récents (Nacho Carbonell, Elise Gabriel) en passant par ses chouchous (Ronan et Erwan Bouroullec, Matali Crasset). Et surtout, un choix de pièces dont les formes et les matières épousent les mouvements de notre pensée et les métamorphoses de notre société. Des pièces qui, comme le promet le titre de l’expo, sont autant d’oracles capables d’annoncer la couleur de notre futur.

Mais pas d’oracles sans pythie, non ? À l’origine de la sélection de ces objets et de leur mise en scène, se trouve une femme avec plusieurs longueurs d’avance : Lidewij Edelkoort. Néerlandaise d’origine, Parisienne d’adoption, elle est une personnalité influente du design et l’une des plus célèbres chasseuses de tendances au monde. « Le design est ultra-léger pour mieux voyager, potelé pour nous protéger, bourgeois pour nous rassurer, intimiste pour nous cajoler…», déclare-t-elle en préambule.
Le résultat : un cahier de tendances en 3D dans lequel on prend plaisir à déambuler. Au premier étage, tapis dans l’obscurité, les objets parlent réellement. Au rez-de-chaussée, sur un gigantesque podium, ils paradent gaiement au gré de dix thématiques (Simple, Gonflé, Abstrait, Nomade, etc.). On s’approche alors dangereusement d’une lampe-pistolet (Starck) ou d’une chaise-aspirateur (Jurgen Bey), on essaie en vain de réaliser un selfie dans un miroir-masque (Olivier Sidet), on rêve de se lover au creux d’une fausse pelouse géante (Giorgio Ceretti, Pietro Derossi et Ricardo Rosso), puis on examine des chaises mutantes (Patrick Jouin, Nacho Carbonell)… Bref, on apprend sans effort et on se laisse séduire sans résistance. Et à défaut de repartir avec une pièce signée, on ressort avec l’envie de voir de quoi demain sera fait.
On s’offre : le catalogue Oracles du design : un regard de Lidewij Edelkoort, une coédition La Gaîté lyrique / CNAP / Pyramyd (236 pages, 27,50 €) ; ou, un peu plus onéreux, un vase Douglas de François Azambourg, en vente à la boutique.
Coup de cœur attribué par Aurélie

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