La Maison de Bernarda Alba

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FEMINISTE, DECHIRANTE, TRAGIQUE, MAGISTRALE.
De : Frederico Garcia Lorca Mise en scène : Lilo Baur Où: La Comédie Française
C’est une pièce de femmes où n’apparaissent que des personnages féminins, et qui est aujourd’hui montée par Lilo Baur, « une » metteur en scène suisse qui a déjà à son actif plusieurs succès au Français dans le registre comique (« Le Mariage » de Gogol et « La Tête des autres » de Marcel Aymé). Mais le tragique lui réussit plutôt bien et l’on peut dire que cette production, dans laquelle s’illustrent de superbes comédiennes, pensionnaires ou sociétaires de notre grand théâtre, risque fort de rester à l’affiche un bout de temps. Pour quelles raisons me demanderez-vous ? Parce qu’elle réunit tous les critères de réussite d’un beau et fort spectacle qui ne risque pas de s’oublier de sitôt. Tout d’abord en raison de la pièce, signée du poète espagnol Frederico Garcia Lorca, pourchassé et censuré par le régime franquiste, dont on redécouvre en ce moment l’œuvre déchirante et sensible. Imaginez une fratrie de cinq filles âgées de 20 à 39 ans qui, du jour au lendemain, doit vivre enfermée entre les quatre murs d’une maison. La mère, dont le second époux vient de mourir, en a décidé ainsi pour observer la tradition andalouse : durant huit ans, ses filles et elle porteront le deuil et ne verront pas l’ombre du poil d’un homme ! Perdues pour le mariage et perdues pour la vie au grand air ? La mère nourricière, qui cuve son amertume en frappant de sa canne, n’en a cure et fait subir à sa progéniture un enfer sur terre avec l’aide de ses servantes et en faisant jaser tout le voisinage à l’entour. L’histoire se déroule dans les années 30 dans le sud rocailleux et paysan de l’Espagne. Mais Adela, la cadette, n’entend pas mettre sa vie entre parenthèse. Elle déborde d’une sensualité naturelle et entreprend de séduire Pepe le Romano qui est promis à Angustias, l’une des grandes sœurs. Cette relation embrase tragiquement la maisonnée. La troupe du Français s’empare de cette pièce magnifique, traduite par Fabrice Melquiot, dans une mise en scène onirique et poignante, qui dessine les fantasmes des unes et des autres en les personnalisant sur la scène. Superbe !
Coup de cœur attribué par Hélène.

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