Voyages avec ma tante

VOYAGES-AVEC-MA-TANTE-r

 

 

 

 

DRÔLE, BRITISH, EXCENTRIQUE, REJOUISSANT

Avec : Claude Aufaure, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier et Pierre-Alain Leleu 
De : Graham Greene   Mise en scène et adaptation : Nicolas Briançon 
Où : Théâtre La Pépinière

Molière 2015 du metteur en scène
Ils sont quatre comédiens magnifiques, réunis par le metteur en scène Nicolas Briançon, pour interpréter cette épopée excentrique qui va conduire Augusta, une vielle Anglaise de 70 ans, anticonformiste et provocante, et son neveu Henry, un célibataire obsédé par les dahlias de son jardin, dans des voyages extraordinaires. Quatre comédiens pour vingt rôles, qui vont d’un domestique trafiquant de haschich au cinéaste Visconti, d’un agent de la CIA à un vendeur de perroquets : dans le roman farfelu et philosophique de Graham Greene (1904-1991), on pratique l’humour anglais comme le golf, en poursuivant une balle qui, selon la vitesse du coup, peut emmener très loin ! Et avec l’écriture, tout est permis. Claude Aufaure, qui joue Augusta, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier et Pierre-Alain Leleu qui se partagent les autres personnages, rivalisent de talent, de malice et d’habileté pour faire vivre, sur le petit plateau de ce délicieux théâtre à l’italienne ces personnages d’une autre époque. Chapeaux melons, taxis londoniens, hôtels d’Istambul, villas vénitiennes, amours interdites, tableaux volés et urne mortuaire contrefaite, les dialogues et les situations cocasses s’enchaînent en déchaînant l’énergie de leurs protagonistes respectifs, le verbe rapide, l’accent exotique, l’humeur coriace. Décors légers et costumes s’escamotent à vue d’œil, le théâtre n’étant jamais meilleur que vibrant par le seul génie de ses acteurs. On savoure le texte et sa fantaisie qui sont une ode à la liberté et à l’anarchie inoffensive. Et on salue les artistes qui nous proposent à l’heure de l’apéritif un réjouissant cocktail.

Coup de cœur attribué par Hélène.

On a aussi aimé : Les Enfants du Silence  au Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 17 mai, une pièce bouleversante de Mark Medoff sur la relation entre une jeune fille sourde et son orthophoniste par les comédiens du Français. Antigone de Sophocle avec les comédiens du Barbican Theatre de Londres et Juliette Binoche, brûlante de passion dans sa quête de liberté, au Théâtre de la Ville dans une mise en scène de Ivo van Hove jusqu’au 14 mai. On ne se mentira jamais, l’une des dernières comédies conjugales d’Eric Assous avec Fanny Cottençon et Jean-Luc Moreau au La Bruyère. Des gens bien, le succès théâtral de la saison au Théâtre Hébertot avec Miou Miou, impériale dans sa composition d’une chômeuse anglaise au grand cœur. Des Fleurs pour Algernon, la reprise du texte de Daniel Keyes molierisé l’an dernier où Grégory Gadebois, exceptionnel, interprète ce simple d’esprit qui sert de cobaye à des scientifiques qui boostent son QI au Théâtre Saint-Martin.