Lost river

Lost-river

 

 

 

 

SUBLIME, FASCINANT, INQUIÉTANT, SURPRENANT
De : Ryan Gosling
Avec : Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Eva Mendes.
Sortie : le 8 avril 2015

Présenté à Cannes l’an dernier dans la section Un Certain Regard, Lost River avait été accueilli avec une certaine méfiance. En effet, un acteur aussi hype qui passe derrière la caméra, ça peut laisser penser, pour les mauvaises langues, à un hobby de star. Et le film avait récolté quelques quolibets pour son côté arty/artiste maudit prétentieux. Et pourtant, cela ressemble un peu à de l’acharnement tant le premier long métrage de l’acteur de Drive est une pure ode à la beauté doublé d’un film émouvant sur la fin des illusions.

Qu’on ne s’y trompe pas : Lost River est complètement halluciné, hallucinatoire, parfois surfait et labyrinthique. Mais aussi d’une fluidité extrême et doté d’une mise en scène soignée à l’extrême, parfaitement subjuguante. Ce premier essai s’intéresse à Billy, mère célibataire de deux garçons, un jeune au bord de l’âge adulte, un autre en bas âge. Ils vivent à Detroit, ville en déclin et rongée par la banqueroute. Et de vivre chichement à descendre dans les basfonds pour survivre, il n’y a qu’un pas que la mère courage se résous à franchir. De son côté, son fils ainé, Bones, découvre ses premiers émois amoureux et découvre un mystère qui semble tenir la ville sous sa malédiction.

Pour ceux qui craindraient que Ryan Gosling s’inspire d’un peu trop près de son maître à penser et ami le réalisateur Nicola Winding Refn, leurs craintes sont fondées. Mais Lost River est bien plus que ça. Croisement naïf et pourtant juste de David Lynch, Dario Argento et même d’Harmony Korine, le film trouve son sens dans un style formel très prononcé mais aussi dans un casting incarnant à la perfection des stéréotypes du cinéma que le réalisateur n’hésite pas à pousser dans leur retranchement comme pour les sublimer et les bousculer. Parfait objet filmique pas tout à fait identifié, Lost River saura ravir les amateurs du beau tout autant que les aficionados de performances.

Coup de cœur attribué par Perrine.

On a aussi aimé : Shaun le mouton (1er avril) : Le spin-off de Wallace et Gromit arrive sur le grand écran et c’est moutonnement bien. Une belle fin (15 avril) : Un film touchant porté avec émotion par l’exceptionnel Eddie Marsan. Avengers – L’ère d’Ultron (22 avril) : La suite tant attendue du super-film de super-héros. Connasse, princesse des cœurs (29 avril) : La « Connasse » de Canal + cherche le prince charmant et tente sa chance à Londres. So posh and trash.