Vulnicura

Vulnicura-Bjork WEB

 

 

 

 

 

FEU, GLACE, INTIME, ICONE

Dire qu’on avait perdue celle qui, avec PJ Harvey, partagea le temps des années 90 le trône de l’artiste féminine la plus inventive de la décennie n’a rien d’exagéré. Qui se souvient avoir sérieusement écouté depuis plus de cinq minutes un album de Björk ? Son dernier grand œuvre, Vespertine, ne remonte-il pas à 2001 ? D’odyssée, Vulnicura, son onzième album de chansons originales, ne poursuit pourtant que celle de l’amour déchu. Comme Marvin Gaye avant elle (le chef d’œuvre Here my dear, en 1978), Björk fait œuvre de sa rupture avec l’artiste et réalisateur américain Matthew Barney, le père de son second enfant. En 10 titres, l’Islandaise souffle le chaud et le froid, entre cordes de chambre et électro savante, en ascendance directe avec ses classiques (Stonemilker en ouverture), avant d’entrainer l’auditeur dans un vortex émotionnel sublimé par ses vocalises, qu’on aura rarement entendues mieux arrangées. Ne pas s’attendre à une collection de chansons pop, l’écriture de Björk atteint ici un degré de sophistication qui nécessitera plusieurs écoutes si l’on veut s’en imprégner. L’annonce, début janvier de la sortie au printemps de cet album, laissait augurer, pour cette génie de l’image, de la mise en orbite d’un système promotionnel novateur l’accompagnant. Sa sortie précipitée pour cause de fuite sur internet (à l’instar de Madonna fin 2014) ne l’aura pas rendu possible. Et c’est vierge de toute emprise visuelle que l’on saura apprécier ou non Vulnicura. Un juste retour des choses en somme.

Ce coup de cœur est attribué par Alexis.

On a aussi aimé : Outre le retour en notes de la légende vivante, Bob Dylan, avec Shadows in the night, l’on prêtera une oreille attentionnée à Vieux frères, le retour, des jouvenceaux Fauve, l’arpentera le bitume avec l’excellent premier album du rappeur Joey Bada$$, on se laissera séduire enfin par la pop arty des Strange Dreams de John Calder, compagnon de route de Mac DeMarco.