La maison d’à côté

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SAISISSANT, SURPRENANT, HALETANT

Avec : Caroline Silhol, Hervé Dubourjal, Léna Bréban et Stéphane Comby
De : Sharr White Mise en scène : Philippe Adrien Adaptation : Gérard Sibleyras
Où : Théâtre du Petit-Saint-Martin,17 Rue René Boulanger, 75010 Paris

C’est Juliana la cinquantaine brillante, scientifique à la réputation internationale, fraichement divorcée de Ian, médecin comme elle, qui prend la parole. Cette parole ininterrompue, ce flot de sentiments, faits de sensations éparses et de révélations plus ou moins limpides, en forme d’autoroutes et de voies sans issue, c’est ce qui nous sert de fil conducteur dans ce qu’il faut bien appeler une enquête. Cette enquête, menée avec la complicité du spectateur et du médecin qui va l’accompagner, Juliana va la mener sur sa propre vie, précisément à partir de la disparition de sa fille. Car Juliana, soudainement et face à des dizaines de spécialistes en charge du traitement de la maladie d’Alzheimer, va elle même ressentir un gros trou de mémoire qui la catapulte face à une ravissante jeune étudiante en bikini. Que se passe-t-il et pourquoi ce brusque déferlement de souvenirs familiaux, cette révolution de la mémoire dont les souvenirs sont aussi violents, aussi douloureux ? L’Américain Sharr White a tricoté un récit dramatique qui oscille formidablement entre la comédie conjugale américaine et le drame familial, terriblement réaliste et efficace dans le milieu de la médecine et des laboratoires pharmaceutiques. Mais la réussite du spectacle tient avant tout à Caroline Silhol, impériale, qui tient à bout portant le rôle de Juliana avec une énergie, une sensibilité et une rage de vivre incroyable. Son investissement dramatique tient de la performance, aux côtés d’Hervé Dubourjal parfait dans le rôle de l’ex- mari et de Léna Bréban, excellente en confidente bien involontaire. Durant une heure trente de spectacle, on est totalement pris, sacrément secoué et violemment ému. Une sacrée réussite !

Coup de cœur attribué par Hélène.

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