It Follows

(c) Metropolitan filmexport

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TERRIFIANT, PUISSANT, ÉMOUVANT, INTEMPOREL

De :  David Robert Mitchell
Avec : Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto. Sortie : le 4 février 2015

Présenté à Cannes cette année dans la section Semaine de la Critique, It Follows est le second film de David Robert Mitchell après The Myth of the American Sleepover, inédit en France, sorti directement en DVD. It Follows, voilà un bon choix de titre pour le fameux « film d’après » car en effet, si le premier avait bien enthousiasmé les festivaliers qui avait pu le découvrir, il n’était pas simple pour le jeune réalisateur d’emporter la mise une seconde fois.
Et c’est en étudiant le même sujet, la jeunesse, ses désillusions, ses rites de passage et sa cruauté, que le cinéaste de même pas 40 ans s’était fait connaître. Et It Follows, dans un sens, c’est un peu une relecture horrifique de son premier film. Mais nul besoin d’avoir vu The Myth of the American Sleepover pour se laisser emporter par la puissance de ce second effort.

Le film commence sur une jeune femme paniquée qui s’enfuit de chez ses parents. Assise sur la plage, éclairée par la lumière des phares, elle appelle son père et laisse un message sur son répondeur, comme une confession. On la retrouvera le lendemain, même endroit, morte, dans une étrange position. Voici une introduction qui vous met directement dans l’ambiance. Déflorer le procédé de It Follows serait presque dommageable pour l’expérience de spectateur mais ce qu’il est bon de savoir c’est que ce second long métrage fait peur. D’une peur indicible, inévitable et profonde.
On y découvre la perte d’innocence d’une jeune fille nommée Jay, 19 ans. Comme un certain nombre de jeunes filles de son âge, elle va connaître sa première fois dans les bras d’un beau sportif, un peu mystérieux et terriblement attirant. Mais au-delà de la sensation d’avoir franchi une nouvelle étape dans sa vie, la jeune femme va vivre une expérience des plus perturbantes, de celles dont vous ne pouvez plus vous défaire. David Robert Mitchell observe, en filmant,  comme s’il était John Carpenter, cette bourgade du Michigan dont il est originaire, la fin d’un état pour un autre et l’impossibilité de retourner en arrière. Un conte cruel, fort et dérangeant pour un film intense qui marque définitivement.

Coup de cœur attribué par Perrine.

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