D’Angelo

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MYTHIQUE, NOIR, SOUL, ENGAGÉ

Il est des renaissances qui bousculent l’ordre établi. Ou, à tout le moins, en ont la prétention. Celle de D’Angelo, qui a publié fin décembre son premier album en 14 ans, appartient à cette catégorie. À l’âge du règne d’un couple royal, Beyonce et Jay Z, des princes Pharrell et Justin Timberlake ou du comte Frank Ocean, le retour en cour de celui qui, en son temps, fut surnommé le « R&B Jesus », ferait presque souffler un vent de révolution sur le royaume. C’est qu’entre temps, en bon héritier des  tourmentés Sly Stone et Marvin Gaye, le fils prodigue s’est perdu sur les sentiers de l’autodestruction (drogue, accident de voiture, obésité), laissant la place au soleil aux courtisans précités. De son retour aux affaires, l’on attendait donc l’impossible : surpasser l’indépassable Voodoo, manifeste de soul moderne sorti en 2000, qui synthétisait à lui seul James Brown/Sly Stone/George Clinton/Prince pour créer un nouvel horizon. Et puis, après une tournée triomphale restée mythique dans la foulée du disque, plus rien ou presque : deux trois guest jusqu’à un retour sur scène, en 2012, auquel personne ne croyait plus. La rumeur, entretenue par le batteur et producteur Questlove (The Roots, Erykah Badu…), évoquait un album finalisé et intitulé James River que l’on comparait déjà au mythique Black Album de Prince (en 1987, Prince fait mettre au pilori les exemplaires de son album qui doit sortir quelques semaines plus tard). Mi-décembre 2014, en réaction aux émeutes de Ferguson, suite à l’acquittement des policiers accusés d’avoir tué un adolescent noir, D’Angelo avance la sortie de son magnum opus : Black Messiah. Pochette poings levés façon black power, paroles désenchantées sur fond de société en déliquescence, D’Angelo n’est pas revenu pour de la figuration. Si les influences n’ont pas variées, tout au long des 12 titres domine la nette impression d’entendre une version 2014 du chef d’œuvre embrumé There’s a riot goin on de Sly & the Family Stone. Un anachronisme dont on doute qu’il fera vaciller le royaume mais qu’on gloutonnera jusqu’à l’excès, en se pinçant pour s’assurer que c’est bien réel.

Ce coup de cœur est attribué par Alexis.

On a aussi aimé : Amy Winehouse, c’était lui, pour la musique en tous cas. Mark Ronson le hit maker, comme disent les Américains, sort son 4ème album, Uptown special, précédé du tube Uptown Up, chanté par Bruno Mars. Une voix, un piano, des arrangements très distingués… c’est l’équation magique du premier album très attendu du Britannique Benjamin Clementine. Enfin, prix choc assurés chez Etienne de Crecy pour son troisième volet de la série Super Discount, l’un des fers de lance à son époque, 1997, de la French Touch.