Whiplash

©DanielMcFadden

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PUISSANT, RYTHMÉ, GÊNANT, ÉPATANT

De : Damian Chazelle

Avec : Miles Teller, JK Simmons, Melissa Benoist

Précédé d’une aura ultra-enthousiaste qui n’a fait que grandir de festival en festival – Sundance, Cannes, Deauville…- Whiplash arrive, tel un cadeau, à Noël sur nos écrans français.

On y rencontre Andrew Neyman, un jeune joueur de batterie qui n’a qu’un rêve : être le prochain génie du jazz. Au Conservatoire, il se fait repérer par le meilleur chef d’orchestre jazz de l’école, Terence Fletcher. Ce dernier veut être celui qui découvrira le prochain Buddy Rich. Leur rencontre, inévitable, presque prédestinée, tourne vite à la catastrophe. Andrew est obsessionnel, Terence est un tyran. Le professeur a des méthodes d’éducation particulièrement discutables qui le rendent proche d’un pervers manipulateur. Andrew ? Presque une victime consentante. Mais jusqu’à quel point ? Whiplash pose la question difficile de la création. C’est dans cette mesure que le long métrage de Damian Chazelle est un cadeau empoisonné. En effet, Andrew devient-il un batteur hors-pair grâce à l’éducation violente et manipulatrice de son mentor ou était-ce en lui dès le début ? Son professeur est-il un homme dangereux ou un déclencheur aux méthodes peu conventionnelles ? Whiplash a cette force de ne jamais être plaisant, prendre en permanence son spectateur à revers pour lui faire se poser la question de ses propres limites, de son propre rapport à l’autre.

©DanielMcFadden

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Au-delà de son thème puissant et bien amené, le film bénéficie de deux très grands avantages. Tout d’abord son casting. Le jeune comédien prometteur Miles Teller et le routier des seconds rôles JK Simmons forment un duo intense et perturbant. Leurs interprétations sont de véritables performances et contribuent à nous faire tenir en place, à regarder, fascinés, cet échange violent et rythmé. Rythmé car, et c’est là l’autre grande qualité du film,  Whiplash bénéficie d’une mise en scène très maitrisée, se faisant se succéder les images et les scènes comme les notes d’un morceau de jazz, permettant également un dialogue subtil entre les instruments et ceux qui en jouent.

PARCE QU’ACCORDER UN SEUL COUP DE CŒUR, C’EST SOUVENT UN CRÈVE-CŒUR… ON A AUSSI AIMÉ

White God (3 décembre) : Les chiens se rebellent sans effets spéciaux. Impressionnant. Timbuktu (10 décembre) : L’influence imposée des islamistes au Mali. Important. Exodus (24 décembre) : Ridley Scott s’attaque au péplum biblique. Les nostalgiques de Gladiator peuvent sourire à nouveau. A most violent year (31 décembre) : Parce qu’il serait dommage de passer à côté du prochain grand réalisateur américain.

Signé Perrine.