’71

 

 

 

 

 

HALETANT, IMPACTANT, BOULVERSANT, HISTORIQUE

De : Yann Demange.

Avec : Jack O’Connell, Sean Harris et Richard Dormer

Comme le titre l’indique, le premier film de Yann Demange, réalisateur d’origine française ayant grandi à Londres, se passe en 1971. En plein pendant le conflit qui fait rage dans le nord de l’Irlande, à Belfast. Soit un peu avant le Bloody Sunday, alors que le durcissement des positions s’opère de chaque côté. Les quartiers catholiques sont surveillés par des milices de l’IRA tandis que l’armée britannique multiplie les frappes ciblées, toujours plus violentes. C’est dans ce contexte que l’on rencontre Gary, une jeune recrue anglaise qui, à la faveur d’une énième patrouille dans un quartier chaud de Belfast, se voit séparé de son unité. Terrifié et traqué, il est contraint de passer la nuit dans cette poudrière irlandaise.

Gary est un peu un Candide que l’on aurait lâché dans un milieu hostile avec pour mission de sauver sa peau. Il ne maîtrise absolument pas les tenants et les aboutissants de cette guerre « fratricide » et grâce à lui, le spectateur, peu aux faits des détails de ces fameux Troubles des années 70, va découvrir cette période toujours bien présente dans la tête des habitants du Royaume-Uni. Car en une nuit, le personnage va se retrouver baladé de lieu en lieu, de personne en personne, de situation périlleuse en situation encore plus dangereuse nous permettant de découvrir la complexité de ce conflit, sans manichéisme aucun. Mais plus qu’un essai sur la survie en tant de guerre, ’71 est un film intense qui ne lâche jamais celui qui le regarde. De la première à la dernière image, la même tension, la même appréhension et cette même peur indicible qui empêche de deviner l’issue de ce calvaire nocturne. Une vraie leçon de cinéma de la part de Yann Demange qui, s’il offre un film classique dans sa mise en scène, démontre des aptitudes bluffantes de conteur. L’occasion également de vous familiariser, si ce n’est pas déjà le cas, avec un visage du cinéma anglais en passe de devenir The next big thing du 7ème art international : Jack O’Connell.

Signé Perrine.