Le mur, œuvres de la collection Antoine de Galbert

MATHÉMATIQUE, ÉCLECTIQUE, ANTI ACADÉMIQUE2014-09-Exposition-Le-mur

Cela fait dix ans déjà que ce lieu un peu secret, niché à côté du bassin de l’arsenal, à deux pas de la place de la Bastille, enchante un public de plus en plus large en montrant l’art contemporain comme on ne le fait nulle part ailleurs. Créée par Antoine de Galbert, collectionneur atypique qui se moque des modes et a fait de la curiosité son credo, la maison rouge s’est donnée pour mission de montrer l’art à travers le regard des collectionneurs, en présentant de grandes collections privées, souvent étrangères et souvent inconnues en France, mais aussi en choisissant des thèmes qui font mouche : les pochettes de disque, le néon, l’art sous l’emprise de la drogue… Pour fêter ce dixième anniversaire, il fallait encore une fois taper fort, et Antoine de Galbert a eu l’idée de dévoiler pour une fois une partie de sa propre collection, qui a été assez peu montrée jusque-là. Mais comment la présenter ? En suivant la chronologie, en tentant de trouver des thèmes fédérateurs, comme François Pinault le fait régulièrement pour sa collection ? Pas du tout : l’accrochage n’a pas été confié à l’un de ces « curators » stars qui officient à travers le monde mais à un logiciel informatique qui a mis dans un ordre plus ou moins aléatoire, environ 1200 œuvres réalisées par 500 artistes, en fonction de leur format et de leur numéro d’inventaire. Au total, c’est un ruban d’environ 3 mètres de haut et de près de 300 mètres de long qui couvre tous les murs de la fondation, mêlant peintures, photographies, dessins, gravures, et mêlant surtout artistes connus et inconnus, œuvres stars et œuvres modestes ou inconnues. Pas de cartels comme dans les expositions traditionnelles : ils sont disponibles sur des écrans ou sur Smartphones, pour que le jeu soit complet. Le visiteur est ainsi invité à parcourir ce mur en laissant ses préjugés au vestiaire : à lui de se laisser arrêter par telle ou telle œuvre ou de rester sceptique devant telle autre, de reconnaître ou croire reconnaître tel artiste et de découvrir tel autre. Une exposition comme un manifeste, qui, à l’heure où l’art contemporain peut être si standardisé et si obsédé par le marché, fait tout simplement l’éloge de la liberté du regardeur.

Où : la maison rouge/ fondation Antoine de Galbert, 10 boulevard de la Bastille, Paris XIIème
Quand : jusqu’au 21 septembre.