Van Gogh/Artaud. Le suicidé de la société

Van GoghDU MAL À L’ÂME AU GÉNIAL

Vous pensiez avoir tout vu, tout lu, tout entendu sur Van Gogh ? Il suffit de se rendre au musée d’Orsay pour se rendre compte qu’il n’en est rien, et qu’il reste toujours beaucoup à découvrir sur le génial Hollandais arlésien. La raison principale en est que le musée a eu l’excellente idée de choisir un commissaire pas comme les autres pour cette exposition : Antonin Artaud (1896-1948), homme de théâtre, de lettres, de radio, acteur, poète, à la voix à nulle autre pareille. Après avoir visité une rétrospective consacrée à Van Gogh au musée de l’Orangerie, en 1947, Antonin Artaud, qui comme le peintre fit de longs séjours en hôpital psychiatrique, se lance dans la rédaction d’un livre vibrant de passion qui reste aujourd’hui l’un des livres les plus forts écrits sur un artiste : Van Gogh, le suicidé de la société, où il entend démontrer que ce sont ceux qui voulurent empêcher Van Gogh de montrer « d’insupportables vérités » qui l’ont poussé au suicide. L’exposition suit cette analyse à travers une quarantaine de tableaux, des dessins et des lettres. Non seulement les œuvres réunies sont exceptionnelles, avec des prêts très importants, mais en plus, elles sont accompagnées des mots du poète, qui invite à regarder le peintre d’un autre œil, dès la deuxième salle, étourdissante réunion d’autoportraits où Artaud nous invite à scruter le regard de Vincent, comme on ne l’avait jamais fait avant. La folie ? Elle est nulle part et partout, aussi bien dans la courbure des grands arbres, devant l’hôpital de Saint-Rémy-de-Provence que dans les derniers ciels tourmentés d’Auvers-sur-Oise, près desquels résonne la voix sépulcrale du comédien Alain Cuny. Une expérience bouleversante à ne surtout pas manquer.

Van Gogh/Artaud. Le suicidé de la société, Musée d’Orsay jusqu’au 6 juillet