Musée Carnavalet

Juin 2014

Quel est le point commun entre la marquise épistolière Madame de Sévigné, le baron Haussmann et l’architecte François Mansart ? C’est ce que nous allons vous faire découvrir en retraçant l’histoire du Musée de l’histoire de Paris, également connu comme le Musée Carnavalet, le plus ancien musée municipal de la capitale.

Il est situé dans le Marais, l’un des seuls quartiers où le patrimoine architectural n’a pas été détruit par les travaux d’Haussmann. Son emplacement n’est donc pas un hasard. En effet, le quartier foisonne d’hôtels particuliers, de jardins et de cours intérieures. Et puis rien de plus logique que de situer le lieu dédié à l’histoire et à la mémoire de Paris et de ses habitants dans l’un des seuls secteurs sauvegardés de la capitale…

musée carnavalet jardin

Construit entre 1548 et 1560 par l’architecte Pierre Lescot pour le Président du parlement de Paris Jacques de Ligneris, l’édifice a revêtu diverses identités avant de devenir un musée municipal. Initialement, et ce jusqu’à la fin de l’Ancien Régime (c’est-à-dire jusqu’à la fin du XVIIIème siècle), ce fut une demeure privée, où se succédèrent des personnalités plus ou moins connues : Madame de Kernevenoy, veuve du breton François Kernevenoy, dit Carnavalet (d’où le nom du musée) ou encore Madame de Sévigné, qui occupa les lieux de 1677 à sa mort, en 1696. A partir de la première moitié du XIXème siècle, des institutions d’enseignement investirent l’hôtel particulier : l’école des Ponts et Chaussées (de 1814 à 1829) puis l’institut Verdot.

C’est à partir de 1866 que le bâtiment va changer d’identité et devenir un lieu d’exposition. En effet, cette année-là, par l’instigation du baron Haussmann, à l’origine du plan de transformation de Paris, la municipalité acquiert l’hôtel Carnavalet pour en faire un musée consacré à l’histoire de la capitale et de ses habitants. C’est Victor Parmentier, jeune architecte dont c’est la seule réalisation connue, qui fut chargé de la restauration du bâtiment.

musée carnavaletLe musée ouvrit officiellement ses portes en 1880 ; mais pourquoi se passa-t-il tant d’années entre le rachat par la ville de Paris et l’ouverture ? Mis à part les travaux d’aménagement, le délai est à imputer aux incendies de la Commune de 1871, lesquels détruisirent la quasi-totalité des collections destinées au musée. Entre temps, dès 1872, la bibliothèque historique s’installe dans une partie des locaux. Il fallut donc agrandir l’édifice pour mettre les collections du musée ; c’est ainsi que furent construites les ailes autour du jardin.

Par ses différentes rénovations, le musée nous offre cinq siècles d’architecture parisienne. Des sculptures de Jean Goujon créées dès la construction de l’hôtel en 1548 aux travaux de rénovation demandés par Haussmann en passant par les éléments architecturaux rajoutés par François Mansart à partir de 1655, l’hôtel particulier représente à lui seul l’évolution de l’architecture. On peut également parler d’évolution intérieure en se référant aux collections extrêmement diverses présentes au sein du musée. En effet, il accueille le plus important ensemble de collections de la ville de Paris : maquettes, vestiges historiques, vues de Paris d’autrefois, enseignes, éléments de décors, portraits, arts graphiques (dessins, affiches, photographies…), etc. Finalement, les lieux constituent l’un des rares témoins de l’architecture Renaissance, avec la cour carrée du Louvre.

En 1989, l’hôtel Le Peletier, attenant à l’hôtel Carnavalet, fut rattaché à ce dernier. Construit près d’un siècle après le second, en 1688, il accueillit pendant de nombreuses années la bibliothèque historique. Mais au regard de la croissance rapide du musée Carnavalet, il devint indispensable de créer une extension. Ainsi, après quelques années de travaux de restauration, l’hôtel ouvrit ses portes au public ; il contient désormais les collections de la Révolution à nos jours.

Aujourd’hui, le Musée Carnavalet fait partie des quatorze musées municipaux gérés par la Mairie de Paris ; à savoir, jusqu’à la fin du XIXème siècle, la ville lumière ne possédait aucun musée. Outre ses 100 salles d’exposition -regorgeant d’œuvres d’art, de maquettes, de décors historiques reconstitués, ses jardins et son orangeraie, deux autres sites sont également dédiés à l’histoire et la mémoire de Paris : la Crypte archéologique du parvis Notre-Dame et les catacombes de Paris.

Quelques idées de loisirs :

A lire : Peintures du musée Carnavalet : catalogue sommaire, Jean-Marie Bruson et Christophe Leribault (Paris Musées). Musée Carnavalet : Histoire de Paris, Jean-Marc Léri (Fragments International Editions). Le musée Carnavalet, l’histoire de Paris illustrée : un aperçu des collections, Bernard de Montgolfier (Les Amis du musée Carnavalet-Albin Michel). A souligner également : les nombreuses, riches et belles publications du musée.

A voir : Si Paris nous était conté, de Sacha Guitry (1956) avec Sacha Guitry, Gérard Philippe, Michèle Morgan, Danielle Darieux…

Sur internet : La frise chronologique de l’histoire de Paris sur le site du musée : http://www.carnavalet.paris.fr/frise-du-musee