Godzilla

_KF14095.DNGEFFRAYANT, SPECTACULAIRE, ÉMOUVANT, INTELLIGENT

Jeune réalisateur britannique d’à peine 38 ans, Gareth Edwards n’avait qu’un film à son actif quand les producteurs de Godzilla sont venus le chercher pour son reboot. Mais pas n’importe quel film : Monsters. Sorti en 2010, ce petit bijou indé imaginait la planète après qu’un satellite de la NSA soit tombé au Mexique apportant avec lui, une forme de vie extraterrestre. Celle-ci s’étant développée sur Terre, le monde a mis en place une zone de quarantaine pour contenir ces énormes créatures tentaculaires. Sublimes, alors que réalisés avec finalement peu de moyen, ces monstres laissaient entrevoir le talent du réalisateur pour ce qui est immense, ravageur et insaisissable. Il était donc tout indiqué pour s’occuper de cette nouvelle adaptation américaine de la créature d’origine japonaise. Et après la version un peu ridicule d’Emmerich en 1998, ce n’était pas très difficile de faire mieux. Mais Gareth ne s’est pas contenté de faire mieux : il a tout simplement marqué le film de monstres en général. Avec sa façon de présenter Godzilla, petit à petit, par métonymie, de créer l’attente chez le spectateur terrifié mais déjà conscient de ce qui va lui arriver, le cinéaste joue avec nos nerfs et ceux de ses personnages. Car en plus de faire un film écolo, où la créature serait une sorte d’incarnation de la revanche de la nature sur l’humain désinvolte, ce long-métrage est également le portrait d’une famille déchirée trouvant en cet immense ennemi commun le moyen de communiquer pour se reconstruire. Sachant, avec brio, alterner les niveaux de lecture et manier le spectaculaire, Godzilla est sûrement ce qui se fait de mieux en terme de divertissement intergénérationnel depuis Jurassic Park. Pas étonnant que Gareth Edwards affirme voir un modèle en Steven Spielberg.