La fille de mon meilleur ami

2014 04 LittératureTENDU, EXPLOSIF, IRONIQUE, INSOLENT

Assez peu adaptée à la réalité,  Mathilde, la « fille de mon meilleur ami » n’est pas la personne la plus facile à supporter.  Elle n’a pas le droit de rencontrer Roméo, son fils. Or William Bonnet, le narrateur, a promis à Louis, son meilleur ami, de retrouver Mathilde. Et d’organiser la rencontre, en présence de Sheila, belle-mère du garçon. Mais Bonnet est tout sauf un brave homme. Il exauce le vœu de Louis sur son lit de mort et son existence s’en complique. Ayant escroqué son patron, il risque gros s’il ne rend pas en fin de semaine, la forte somme dérobée. Faute d’avoir de la morale, William a de la ressource et il saura manœuvrer. Le lecteur découvrira ces péripéties propres au roman noir, un roman qu’on ne lâche pas, tournant les pages jusqu’à la fin. L’orage annoncé en début de roman menace encore à la fin, quelques jours après que William a retrouvé Mathilde et l’a amenée jusqu’à cette banlieue écrasée par un soleil omniprésent. Le soleil joue son rôle dans le climat de ce roman. On boit beaucoup, on s’habille parfois léger, parfois pas. Sheila comme Mathilde sont des femmes assez jeunes ; William ne reste pas indifférent. La seconde, ex employée de boîte de nuit, attire l’attention des gendarmes. Et c’est un vol de sous-vêtements qui provoque son arrestation et … la suite. Son physique et son comportement de femme fatale rappellent celui des héroïnes de Chandler ou Hammett dont Yves Ravey reprend certains codes. L’emploi du passé composé, les dialogues au rasoir, la sécheresse du ton, l’absence totale de sentiments, tout cela rappelle ces romans ou les films qui en ont été tirés par Hawks ou Huston, voire plus près de nous, Série noire de Alain Corneau, d’après Jim Thompson.

La fille de mon meilleur ami, Yves Ravey, Éditions de Minuit