Renzo Piano

centre pompidouMars 2014

Né en 1937 à Gênes, dans une famille d’architectes, Renzo Piano commence ses études à Florence puis apprend l’architecture à l’École polytechnique de Milan. Il commence à travailler sur les chantiers paternels. Entre 1965 et 1970, il complète sa formation théorique et technique en partant voyager en Grande-Bretagne et aux États-Unis où il travaille avec le grand architecte Louis Kahn (sur lequel un très beau documentaire est sorti en 2003 : My Architect). La rencontre avec Jean Prouvé (1901-1984), architecte et designer français, pape des structures métalliques, le marque particulièrement.  En 1971, il fonde avec Richard Rogers l’agence « Piano et Rogers » dont la plus belle réalisation est le Centre Georges-Pompidou, à Paris. En 1977, Renzo Piano s’associe à l’ingénieur Peter Rice pour fonder l’Atelier Piano & Rice qui existera jusqu’en 1992. Piano fonde alors Renzo Piano Building Workshop, qui emploie aujourd’hui plus de 100 personnes à Paris et à Gênes.
Renzo Piano naît véritablement sur la scène internationale avec la construction du Centre d’art et de culture Georges-Pompidou à Paris, en 1977. À l’issue d’un concours international où se pressent tous les plus grands architectes, Piano —qui a alors moins de quarante ans— et Rogers créent la surprise en imposant un projet révolutionnaire qui fera sensation. En plein cœur de Paris, ils élèvent contre vents et marées un énorme paquebot, méchamment surnommé “la raffinerie”, qui déchaîne les passions et fait la une de la presse internationale. Certains y voient un chef-d’œuvre de technique et d’audace, d’autres une verrue défigurant la capitale. Pour le construire, ils mettent au point de nouvelles techniques et inventent une esthétique qui va bien au-delà de “l’architecture high-tech” que l’on pratique alors outre-Manche. Restauré en 1999, le Centre Pompidou continue, trente ans après son inauguration, à choquer ou à ravir, prouvant par là même que son architecture est toujours vivante.
centre paul kleeCouvert de récompenses, lauréat du Pritzker Prize en 1998, Renzo Piano a construit partout dans le monde. Du gigantisme de l’aéroport d’Osaka au Japon (1994) à l’intimité lumineuse de l’Atelier Brancusi à Paris ou de la Fondation Beyeler à Bâle (1997), des défis de la Tour de Daimler-Benz sur la Postdamer Platz à Berlin (1997) aux incroyables formes du Centre culturel Tjibaou en Nouvelle-Calédonie, s’inspirant de la culture kanak (1998), Piano n’a pas révolutionné une fois mais plusieurs l’architecture. Parmi ses projets récents, on compte un somptueux auditorium paré de bois à Rome en 2002, les collines artificielles du Centre Paul Klee à Berne (2005) ou encore la Cité internationale de Lyon.

Renzo Piano, qui vit à Paris dans le Marais et dont l’agence est installée à quelques rues du Centre-Pompidou, aime à se définir comme le “Quasimodo” qui arpente inlassablement cette nouvelle cathédrale gothique, ses hauteurs, ses coursives, ses passages secrets, prêt à se suspendre à ses arcs-boutants d’acier… Pour autant, son coup de génie est justement de n’être pas resté prisonnier de ce bâtiment exceptionnel et d’avoir su inventer d’autres architectures qui ne cherchèrent jamais à reproduire l’exploit parisien. Il est tellement associé au Centre-Pompidou que c’est à lui aussi que l’on a demandé d’intervenir pour bâtir à proximité l’IRCAM (1990) et reconstruire l’Atelier Brancusi sur la “piazza” (1997). Le visiteur qui, d’un seul regard, peut embrasser les trois bâtiments peut aussi mesurer la diversité de l’univers esthétique de Piano. the shardD’un projet à l’autre, difficile de définir ce qui fait la “manière” de Piano, sinon, justement, cette impressionnante capacité à inventer, à chaque fois, de nouvelles formes. Piano a le goût de l’innovation technique, d’un verre à inventer pour créer une lumière, d’une pièce de métal qui permettra un assemblage impossible à réaliser auparavant. Plus, sans doute, que certains de ses confrères “starchitectes”, il est aussi très artiste, multipliant les collaborations avec des plasticiens et se nourrissant en permanence d’un dialogue qui l’enrichit depuis des années, que ce soit avec l’artiste japonais Susumu Shingu ou avec le compositeur Pierre Boulez. Malgré son succès, le maestro n’a jamais attrapé “la grosse tête” et garde le goût du travail en équipe ainsi qu’un vrai sens de la générosité.  Peut-être est-ce aussi pour ces qualités humaines qu’il garde la capacité de construire des bâtiments capables de faire rêver.

Quelques idées de loisirs :

A visiter : Paris : Centre Georges-Pompidou (avec Richard Rogers), IRCAM (Recherche et création musicale – place Stravinsky), Centre commercial Bercy 2. Lyon : Cité internationale. Riehen (Bâle, Suisse) : Fondation Beyeler.

A lire : Carnet de travail, Renzo Piano, La Désobéissance de l’architecte, Renzo Piano, Renzo Piano Building Workshop 1966-2005, Philip Jodidio

A voir : Le Centre Georges Pompidou, Richard Copans, ARTE Vidéo, collections  “Architectures”.