Réparer les vivants

maylis-de-kerangalÉMOUVANT, GÉNÉREUX, JUSTE, PROFOND

On construit des ponts, comme le racontait dans une belle fresque Maylis de Kerangal ; on répare les vivants. C’est le thème de son dernier roman. Elle raconte en 24 heures la transplantation d’organes prélevés sur un jeune homme mort, celle d’un cœur, notamment, qui rendra une vie normale à une femme. Cette longue journée commence pour Simon par une partie de surf, se poursuit par son décès accidentel sur une route verglacée de Normandie, tient le lecteur en haleine jusqu’au point final. On rencontre tous les protagonistes de cette aventure : les parents, bien sûr, pétrifiés, Juliette, l’amoureuse, mas aussi les médecins, infirmières et chirurgiens qui mèneront les opérations. On apprend ce qu’est une transplantation, quels protocoles sont appliqués, puisqu’au-delà de la technique, c’est l’éthique de chacun qui est en jeu. Et cela, la phrase ample et poétique de Maylis de Kerangal le met en relief. Son épopée donne à découvrir ce qui se joue à chaque instant quand on veut garder en vie un être humain. L’auteur nous tient en haleine e maniant parfaitement les changements de rythme : les accalmies ne sont que temporaires entre deux phases d’accélération. Les temps de pause propices à la réflexion et au recul alternent ainsi avec les moments d’actions les plus angoissants dans lesquels on fonce tête baissée.

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal (Gallimard, Collection Verticales)